Bromo / Partie 2

Lundi 12 mars.

Il est 2H30 du matin, le réveil sonne. Pourquoi on fait ça déjà ? On se prépare doucement, mais on s’habille assez chaudement. A priori il ne fait pas bien chaud là haut. Le programme de la journée est de grimper de nuit sur la montagne en face des volcans Bromo, Semeru et Batok pour regarder le lever de soleil depuis ce joli point de vue. Plus tard, quand il fera bien jour, nous irons monter le Bromo.

Il est 3h, nous partons de l’auberge équipés de notre lampe frontale, nos sacs à dos avec quelques provisions et de l’eau, nos chaussures de randonnée et nos manteaux. C’est bien la 1ère fois que nous les sortons des sacs en Indonésie. Nous engloutissons une banane et en avant guingamp. Pour l’instant il y’a de la brume. Et j’avoue que ça fait assez drôle de partir marcher de nuit, dans un endroit que nous ne connaissons pas, et tout seul. Nous avons bien révisé le chemin sur internet la veille sur différents blogs voyages très bien expliqués. Nous longeons donc les champs de poireaux tandis que nous commençons à prendre de l’altitude. Ça y est, ça fait 30 minutes qu’on marche, il ne fait plus froid et me voilà en t-shirt à 3h30 du matin. Il fait très humide, à tel point que je ne sais plus si je suis trempée de transpiration ou juste à cause de l’humidité ambiante. De nuit, l’ambiance est presque malfaisante. Le moindre bruit dans les branchages nous fait sursauter, et chaque chien que l’on croise va nous sauter dessus, nous mordre, nous donner la rage et nous ne réussirons jamais à partir d’Indonésie.

La montée est bien raide, du coup je me demande encore ce que je fais là. Après tout les volcans seront toujours au même endroit une fois le soleil levé, après mes 8 heures de sommeil. Et puis, je regarde le ciel. Ça y est nous sommes sortis de la brume et nous marchons sous couvert de milliers d’étoiles et de planètes. Au milieu de nul part, les seules lumières sont celles de nos lampes que nous éteignons quelques instants le temps de profiter de ce joli spectacle. A Hong-Kong, entre tous les buildings et la pollution nous avions perdu l’habitude de regarder au dessus de nos têtes. Ça va, je commence à comprendre ce que je fais là. Nous prenons un peu de hauteur, retrouvons d’autres marcheurs, et des petits buibui installés le long de la route. Finalement, nous ne sommes pas les seuls à avoir choisis de faire sans tour organisé. Pour le reste de la route, des locaux proposent de finir le chemin à cheval, mais on est bien parti sur nos gambettes. Nous arrivons à un premier point de vue, où quelques personnes sont arrivées avant nous. Toujours sur notre lancée, on décide de monter un peu plus haut, jusqu’à la KingKong hill. Et ça devient un peu de l’escalade. Derrière le point de vue, il est censé y avoir un sentier qui monte encore: on tente le seul qui nous paraît abordable, mais même pour celui là nous sommes obligés de nous servir de nos deux bras et nos deux jambes pour grimper. Nous sommes passés depuis un moment déjà au dessus de la brume mais il fait quand même très humide et le chemin glisse. Finalement après encore 30 minutes de marche dans la forêt à faire bien attention où nous mettons les pieds nous arrivons à King Kong hill. Il y’a déjà plus de monde à cet endroit là, au moins une trentaine de personnes et il n’est que 4H30. Le point de vue est très beau bien en face du volcan, avec le levé de soleil juste sur notre gauche mais j’ai l’impression que nous avons été un peu trop gourmands : lors de notre montée, nous avions pleins de petits points de vue sympas où nous étions tout seuls, mais nous voilà en haut bien entourés de touristes et avec des indonésiens qui tiennent un petit stand de café. Nous avons choisis de venir en marchant mais ce point de vue est accessible par une autre route, et les visiteurs se font amener là en jeep. Peu importe, nous trouvons une petite place en face du volcan, assise qui plus est : le luxe ! Le soleil ne se lève que dans une heure, et après notre marche nous nous refroidissons vite. Nous avons heureusement amenés des pulls et manteaux au cas où mais quand même, on se caille. Le soleil se lève, il y’a quelques nuages dans la plaine au pied des volcans et on a juste l’impression que ces derniers dépassent de cette mer blanche: c’est magnifique. Dès le soleil arrivé, tous les touristes repartent. Etre avec un guide, c’est aussi ça avoir la tranquillité d’esprit de ne pas s’occuper de l’organisation mais on ne peut pas toujours prendre son temps comme on le souhaiterait. Enfin, peut-être qu’ils ne le souhaitent pas ? Bref, nous sommes les seuls au point de vue et les indonésiens autour de nous commencent à s’agglutiner pour nous redescendre en bas de la montagne en scooter. Nous refusons poliment une fois, deux fois, trois fois et allez on repart à pied par notre petit chemin, au pire on s’arrêtera aux autres points de vue où il n’y avait personne. On arrive au premier point de vue, avec des singes dans les arbres au dessus de nos têtes. J’adore ! Pas… mais ils en ont plus après le stand de nourriture et de café d’une dame en contrebas qu’après nous. Tant mieux. Elle même n’a pas l’air très impressionnée et les chasses sans trop de mal. Le chemin paraît beaucoup plus abordable de jour ! Même si je me rends compte que c’était plus facile de nuit sans voir les singes qui étaient sûrement déjà au dessus de nous, que de les savoir là maintenant. Sur la route, nous croisons nos voisins de chambres, le couple d’allemands de l’auberge. Ils se sont faits des copains, une slovaque et un indonésien couple eux aussi. Naturellement nous engageons la conversation, prévoyons même de repartir dans le même transport le lendemain pour partager les frais. Nous passerons toute la journée avec eux ! Ils sont super sympas, et ils ont un peu la même idée du voyage que nous. Il faut dire que quand on se rencontre à Java, sans guide à 7h du matin APRES avoir finis la randonnée et vu le levée de soleil sur les volcans il y’a quand même plus de chance que ce soient des gens avec qui nous ayons des points communs que l’individu lambda croisé à Clermont-Ferrand. On repart tous en direction de notre auberge. Celle de Petra et Hardy (le couple slovaco-indonésio-canadien) est bien trop loin pour qu’ils puissent y faire l’aller retour, on les invite donc avec plaisir dans notre salon commun. On se pose un peu, prend un petit déjeuner et nous repartons au bout d’une petite demi heure pour l’ascension du volcan. Il n’est que 8h30 mais j’ai l’impression qu’il est 17h et que la journée est bientôt fini…

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