Kawa Ijen Partie 2.

Nous rejoignons difficilement le hall de l’auberge où nous attendons le reste du groupe. Le gérant et sa femme préparent du thé et des bananes frites pour tout le monde ce qui sera assez appréciable après coup, quand nous allons nous rendre compte que la montée du Ijen ce n’est pas de la rigolade. Nous partons dans une voiture avec 6 personnes, toutes de l’auberge. Au bout d’1H30 de route nous arrivons au pied du volcan. Nous retrouvons d’autres personnes pour former un groupe d’une douzaine d’individus. Le guide nous remet une bouteille d’eau, un masque à gaz et une lampe comme convenu dans le deal. Ah non ? Pas de lampe ? Très bien une lampe pour un groupe de 12 ça devrait le faire…. Heureusement nous avons encore dans le sac ma lampe frontale qui nous sera d’une grande aide. Au début le chemin semble assez facile et monter en pente douce, c’est surement pour ça que le guide nous dit que ce sera un peu long au moins 1H de montée jusqu’au sommet. Il pleut. Et il pleuvra tout du long. Je prends la tête avec lui pour papoter gentiment et Jérémie fait ami-ami avec un Écossais du groupe. Sauf qu’au bout de quelques minutes la pente se raidit sévèrement, et le groupe n’avance plus du tout au même rythme. J’ai du mal à l’avouer mais je ne m’en sors pas bien du tout ! Pendant IMG-20180314-WA0014plus d’une heure, ça monte, ça monte, ça monte et ça ne rigole pas ! Le guide reste avec les derniers, en disant que tout le monde se rejoint à mi-parcours où se retrouve un café qu’on ne peut pas louper. C’est encore plus dur dans le noir. Je ne vois pas la pente et ne peut me rendre compte de notre progression. Est ce qu’on est loin ? Est ce qu’on est presque arrivé ? À ce moment là de la journée des porteurs de soufre ont trouvé un commerce un peu plus lucratif que le soufre. Certains ont aménagé des carrioles, dans lesquelles ils mettent le souffre habituellement, en chaise à porteur (enfin disons que c’est entre une brouette, un pousse pousse et une chaise à porteur). Le fait est que là, comme en pleine ville, sur les flans du Ijen et pour tout le long de la montée nous nous entendons proposer « taxi lady ? » NON JE SAIS QUE J AI L AIR D’ÊTRE EN TRAIN DE MOURIR MAIS JE LE FERAI MOI MÊME!

Si mon égo me refuse le taxi, d’autres le choisissent volontiers, comme un couple de petits vieux asiatiques, qui se fait transporter tout au sommet du volcan. Je suis assez dubitative sur cette pratique. D’un côté je trouve ça parfaitement indécent, d’un autre je me dis que les petits vieux ont surement donné bien plus d’argent au porteur que ce que lui rapporte le soufre, et que à eux deux ils sont peut être même moins lourds…

Nous arrivons à mi parcours ou nous retrouvons le reste du groupe mais surtout Hardi et Petra qui sont déjà là depuis quelques minutes. A priori, on est partis pour ne plus se quitter. On repart, le reste du chemin est plus facile, est presque plat. Ouf ! On arrive au sommet vers 3h ? 3h30 ? Il fait toujours nuit noire, nous regardons dans le cratère et nous voyons toutes les petites lampes des touristes et porteurs à la chaîne qui sont en train de descendre jusqu’au souffre et au lac d’acide. Et oui, ça sent déjà bien mauvais du sommet. Nous entamons la descente. Et nous ne sommes pas au bout de nos peines, c’est là qu’on sent que tout le monde devrait vraiment avoir une lampe. Il pleut non stop, les roches sont trempées et honnêtement je ne sais pas comment personne de notre groupe n’est tombé. Je m’éclaire avec la torche de mon téléphone, mais le tenir m’handicape un peu. Tous les touristes sont là pour la même chose, descendre au plus près du souffre et observer les flammes bleues. Le problème ? Nous sommes tous (200 à peu près) au milieu des porteurs qui tentent de se frayer un chemin pour remonter le cratère avec leurs paniers extrêmement lourds, en tongs, sans masque à gaz. Nous ne nous sentons pas très à l’aise d’être ici. Bien sur, les guides surveillent, nous disent de nous pousser quand il le faut pour les laisser passer mais il y’a tellement de monde, que je n’ose pas imaginer ce que ça donne en pleine saison au mois d’août…. Certains porteurs prennent quand même le temps de s’arrêter à notre hauteur sortir un petit bout de souffre poli de leur panier et nous dire « Sir, you buy 2 dollars? ». Au bout d’une heure nous voilà en bas. Nous observons le soufre qui s’échappe du volcan, les touristes peuvent même voir les travailleurs qui le ramassent.

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Notre groupe reste devant ce spectacle pendant plusieurs minutes puis le guide nous demande de le suivre, un peu plus haut pour voir les flammes. Impressionnant. Le genre d’image qui restera gravée dans nos mémoire tout notre vie. J’en oublierai presque qu’il pleut toujours et que je suis trempée jusqu’aux os. La dernière phrase n’est pas franchement vraie. Je suis trempée j’ai froid, je n’ai pas dormi depuis je ne sais plus trop quand alors je profite de ce temps de répis pour m’asseoir par terre un petit moment. Mais je suis bientôt imitée par un bon nombre de mes compagnons qui restent aussi admirer le feu bleu du volcan. Certains descendent jusqu’au lac d’acide. A un moment le vent se lève et envoie tout le souffre dans notre direction. Rapidement le guide nous demande de bien mettre nos masques de fermer les yeux et de nous accroupir le temps que le nuage passe. Tout le monde s’exécute sans rechigner.

Le guide nous fait remonter encore de quelques mètres, vu la météo le lever de soleil ne sera pas terrible du sommet du volcan, nous en profitons pour rester là, très bon spot pour les photos une fois que nous aurons un peu plus de lumière. Le soleil se lève même si nous ne le voyons pas. Mais avec un peu plus de luminosité le paysage change complètement. D’un seul coup, toutes ces roches que nous pensions blanches pendant la nuit deviennent jaune. Le lac est turquoise. C’est assez magique de voir le paysage avant après.IMG_20180314_054608

Ici nous retrouvons nos amis ! Nous en profitons pour faire une petite séance photo bien méritée sur laquelle on peut voir nos airs exténués, et que nous sommes trempés jusqu’aux os, mais bien souriants d’être là. Le guide de nos amis reste un peu avec nous et nous explique que la soufrière du volcan est en ce moment louée exclusivement à une entreprise chinoise. C’est à elle uniquement que revient tout le souffre du Kawa Ijen selon lui (information non vérifiée). Au bout de plusieurs minutes, je décide de remonter.

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Et c’est bien plus facile avec de la lumière, qui l’eut cru ? En remontant Jérémie papote avec un couple de français en pvt en Australie avec qui il sympathise rapidement. Une fois en haut, nous remettons les masques, le vent fait remonter le souffre jusque sur notre chemin. Je soupire. Ouf je l’ai fait. Je plains tous les porteurs qui font ça plusieurs fois par jour. La descente du volcan se fait plus facilement même si après ces deux jours de randonnée je sens vraiment bien mes fessiers. On retrouve nos 6 copains de l’auberge et d’un commun accord exprimons notre envie au chauffeur de rentrer directement mourir à l’auberge plutôt que d’aller voir la jolie cascade comme c’était prévu dans le programme.

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