Ubud : Entre tradition et tourisme de masse

Directement après notre épopée volcanique, nous partons pour Bali. En bus, nous passons d’une île à l’autre (oui le bus monte sur le bateau), et près de 5 heures et un taxi plus tard nous voici à Ubud. Nous avons choisis délibérément d’éviter Dempasar (la capitale) et Kuta une des villes les plus touristiques et les plus « occidentales » de Bali. Nous avons donc porté notre dévolu sur Ubud qui se veut le cœur culturel de l’île. Nous arrivons le soir et nous étonnons de trouver pleins de restaurants qui nous paraissent très beaux, avec des lampions, des bougies et des jardins verdoyants. 

Nous avons fait de Ubud notre camp de base, nous y sommes restés une semaine et nous avons gravité dans les villes et temples aux alentours en scooter. Ce qui nous a marqué dans cette ville ce sont les traditions balinaises, les magnifiques rizières, la nourriture délicieuse (évidemment) et les très nombreux touristes.

Les offrandes et les temples.

En nous promenant dans la ville les premiers jours, nous ne savons pas où donner de la tête. Les bâtiments sont chargés en couleurs et en motifs hindous variés (animaux, guerriers, dieux et déesses, symboles de protection…). Ils sont de couleurs grises-noires (pierre volcanique oblige), oranges et blancs. Les statues sont habillées de sarong. Tout est tellement travaillé que nous avons l’impression de voir des temples partout, et il nous est arrivé de rentrer par erreur dans la cour d’une maison pensant que c’était l’entrée d’un sanctuaire.

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Ici c’est bien une maison, et non l’entrée d’un temple…

Nous regardons tout autour de nous sans savoir où donner de la tête mais il faut aussi fréquemment regarder ses pieds! Sur le trottoir, les balinais déposent tous les matins des offrandes de fleurs très recherchées.

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Offrande traditionnelle

Nous avons appris que posées sur le sol elles servent à repousser les mauvais esprits et un peu plus en hauteur pour porter chance. Evidemment il ne faut pas marcher dessus sous peine de choquer les locaux et éventuellement de se porter la poisse.

 

 

Les rizières.

Bali a la réputation d’avoir de magnifiques rizières. Dès que nous effectuons une recherche sur internet concernant l’île, ce sont des photographies de rizières toutes plus belles les unes que les autres qui apparaissent. Ainsi, je ne m’attendais pas à avoir un effet « Wahou » des paysages les ayant déjà vu 1001 fois sur les réseaux sociaux. Et pourtant, si !

Nous avons vu des rizières un peu partout en pérégrinant à travers Bali. Vers Ubud, 3 nous ont marqués.

La plus connue « Tegalalang » est sublime, on ne s’imagine pas qu’il y ait autant de tons de vert entre la couleurs de rizières et de la végétation environnante. Nous y sommes allés en scooter en environ 30 minutes depuis Ubud. Nous avons du payer une « donation obligatoire » pour entrer, ce qui n’est mentionné sur aucun guide et n’avait pas l’air très officiel. 

IMG_20180316_103123Ici c’était magnifique… mais tout le monde le savait et on y trouvait bien plus de touristes que de locaux. J’ai plus eu l’impression d’être dans un parc à thème « rizière » que dans un lieu de culture. Il y avait des balançoires pour touristes en haut des champs, les locaux se faisaient prendre en photos avec les touristes pour quelques dollars (ça change de Jakarta où les locaux voulaient prendre des photos de nous car ils n’avaient pas l’habitude des touristes).

 

Le Campuhan Ridge Walk.

Voilà la première où nous sommes allés. Il s’agit d’une petite marche à 10 minutes du centre de Ubud, qui nous promène dans les rizières avec des petits warung pas cher et de super qualité sur la route. Très jolies, avec beaucoup moins de monde c’était super . Nous nous sommes arrêtés manger du « nasi campur » dans une warung espérant éviter la mousson (raté mais au moins nous l’avons affrontée le ventre plein.)

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Le petit chemin des « magical rice fields« .

En repartant du Ridge Walk, trempés par la mousson que nous venons de prendre sur nos têtes nous arrivons en ville et décidons d’aller en direction d’une librairie locale. En plein cœur de Ubud, au milieu des restaurants à touristes, nous passons devant une petite allée devant laquelle une pancarte en bois indique « Magical rice fields » avec une flèche. Intriguée je m’arrête devant hésitant entre « c’est clairement un piège et on va mourir dans la ruelle » et « oh mon dieu je veux en avoir le cœur net tout de suite ». Finalement, me voyant arrêtée 20 mètres derrière et en pleine réflexion, Jérémie rebrousse chemin. Allez, on va voir ! 

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Evidemment qu’on va aller voir. Nous nous engageons sur le chemin minuscule, et effectivement nous ne mourrons pas ici, et nous arrivons bien à des rizières absolument magnifiques. On sent que ce n’est pas l’endroit touristique de base mais que nous avons trouvé un morceau Ubud préservé de l’occidentalisation de masse du centre ville. Nous croisons juste quelques locaux qui proposent de nous vendre quelques fruits. Nous revenons nous promener plusieurs fois ici à différents moments de la journée. La présence de jolis warung le long des rizières est loin de nous faire rebrousser chemin…!

 

Les touristes !

Nous avons été étonnés de voir autant de touristes à Ubud. Les sites internet vendent le lieu comme le cœur culturel de l’île, avec une ambiance très différente de ville comme Kuta. En venant de Java, nous avons pris une claque en arrivant ici, nous entendions parler français partout, il y’avait dans le centre plus de restaurants vegan ou mexicain que de warung. Les prix étaient 3 fois plus cher qu’à notre habitude (mais ce qui reste tout de même très peu à comparer des restaurants en France évidemment). Si nous y étions arrivés depuis le sud de l’île nous aurions certainement eu l’effet inverse. L’atmosphère générale y était cependant très conviviale et chaleureuse. 

Ce que j’ai apprécié à Ubud c’est que les locaux préservent leur culture. Bien sur, ils font du business pour satisfaire les touristes c’est bien normal : ils vivent de ça ! Mais en même temps, l’accès aux temples est réservé aux fidèles, à ceux qui portent la tenue traditionnelle (sarong et ceinture), et souvent il n’y a que la cour principale qui est ouverte : le cœur du temple est fermé aux touristes, ou bien il n’est ouvert que certains jours. Il y’a quand même certains temples très connus et populaires auxquels les touristes peuvent accéder comme celui de Pura TirtaIMG_20180316_120929 (où nous avons vu plus de blancs se purifier dans l’eau que de locaux). Mais la aussi en regardant d’un peu plus près on se rend compte que certaines pièces sont fermées, ou réservées aux offices à certains horaires et des piscines différentes sont un peu à l’écart. Je n’ai pas réussi à savoir si elles étaient réservées aux fidèles et/ou aux locaux ou si elles étaient juste ignorées complètement du touriste moyen qui ne regarde que « la grande jolie piscine avec les fleurs en face de lui ». Dans tous les cas j’ai bien aimé leur manière de traiter les choses. Je préfère qu’on me dise que le lieu est réservé aux croyants plutôt que de voir un car de chinois débarquer, toucher à tout, grimper sur les structures pour faire la meilleure photo.

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