Don Quijote

J’ai une passion singulière au Japon. Outre les musées, la nourriture et les parcs mon petit plaisir à moi c’est d’aller au Don Quijote.

Le Don Quijote est une chaîne de magasin, que nous trouvons à plusieurs endroits dans Tokyo (47 à priori dans Tokyo et sa banlieue) ! Le premier a ouvert à Tokyo en 1989. Une très bonne année si vous voulez mon avis. La mascotte est un petit oiseau habillé et stylisé différemment selon chaque magasin.

Pourquoi je suis fan du Donki ?

Déjà c’est un magasin sans taxe donc un peu moins cher que les autres. Il est aussi ouvert 24h/24 et 7/7j. Si je sors à 22h du travail et qu’il est sur ma route, aucun problème.

Au Japon chaque magasin a son propre thème musical qui passe sans interruption qu’il soit 8h30 ou 23h43. Et il faut avoir que celui du Donki est assez remarquable. De quoi nous rendre dingo mais dans le bon sens du terme (je crois).

 

Chaque Donki est différent. Il ne faut pas y aller avec une liste précise de courses car ce que nous trouvons dans l’un ne sera pas forcément dans l’autre. De même, le nombre d’étages n’est jamais le même et ils se sont pas organisés pareil. Il est donc impossible de prendre ses marques dans le magasin.

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Celui d’Asakusa dispose de 5 étages, et de restaurants situés encore plus haut. Nous y trouvons de quoi faire nos courses au premier et au deuxième étage (ah oui, ici le rez de chaussé c’est le 1er), que ce soit des produits frais, des produits pour salle de bain, et une ribambelle de nouilles qui nous paraissent être toutes les mêmes mais qui pour les connaisseurs doivent être très différentes les unes des autres, un grand rayon de bière et d’alcool, et même parfois un peu de fromage (nous avons essayé et je n’ai pas envie d’en parler…). Une absence tout de même assez remarquée, par les demoiselles, de tampons de beaucoup de magasin japonais : une seule marque, des boites minuscules ou alors une quantité pour 6 mois, et surtout au passage en caisse pour ne pas embarrasser nos concitoyens avec la vision de produit ‘intime’ nous avons droit à des petits sacs opaques, dont on ne saurait voir le contenu. L’honneur est sauf.

 

 

Ensuite on trouve pèle mêle des valises, des appareils et connectiques électriques, des lentilles pour faire des yeux de mangas, ou de toutes les couleurs que l’on veut, des déguisements, des bijoux très chers, des snacks au saveur du japon : kit-kat au thé vert ou à la fleur de cerisier, fruits en gelée, pancake au haricot rouge, onigiri…

Une chose qui n’est pas spécifique au Donki, mais que beaucoup de magasins font ici c’est la vente pour les produits de la salle de bain de grands flacons de gel douche / shampoing et après de recharges. On n’achète qu’une seule fois notre bouteille et puis juste du produit dans un plastique (recyclable?) et nous pouvons re remplir notre bouteille.

J’avoue que je vais au donki à moitié pour visiter et à moitié parce que j’ai besoin d’y acheter des choses. Quand je suis dans ce magasin une partie de moi pense  » Mon dieu c’est pratique je peux trouver tout ce que je veux c’est tellement chouette » et l’autre « Oh mon dieu mais ils sont complètement fous c’est tellement chouette ».

Le dernier visité en date est celui de Akihabara, le quartier geek. Dorayaki (crêpe japonaise aux haricots rouges)Nous y allions en recherche d’un petit pancake au haricot rouge, notre gouter typique au japon (non ce n’est pas léger, et oui il était 22h15 et alors?), 50 yens ou 40 centimes d’euros. Après une fouille minutieuse de l’étage dédié à la nourriture, nous nous avouons vaincu, il n’y en a pas ici. C’est peut être mon côté archéologue dans l’âme qui me fait aimer le Donki, vu que finalement ce que je préfère, c’est fouiner. Ne pas savoir ce que je vais trouver mais me dire qu’il y’a potentiellement un trésor (ou un truc japonais que je vais trouver vraiment dégoûtant) à découvrir. Qu’à cela ne tienne, tant pis pour le gâteau, il nous reste la visite du magasin pour nous amuser. Et j’avoue que ce magasin là était assez rigolo !

Dès le deuxième étage, nous dénichons un objet posé au milieu des articles beauté, entre les pinces à cheveux, les élastiques et le maquillage. Evidemment nous ne comprenons pas ce qui est écrit mais l’image est assez parlante : il s’agit d’un petit objet en plastique à s’insérer dans le nez pour se l’agrandir, à croire que le nez des japonaises s’il eut été plus long toute la face de la terre aurait changé ? Voilà une bonne manière de se donner un petit côté Cléopâtre.

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Allez, nous sommes bien partis, reprenons donc l’escalator pour changer de niveau. Arrivés au dessus, c’est le coin des vêtements, des déguisements, et des cosplays. De la mode japonaise qui nous est étrangère : la fascination des japonaises pour les chaussettes a froufrous, dans les talons aiguilles et les sandales par exemple, ou encore la popularité des jeans baggy/boyfriend qui ne mettent pas spécialement en valeur leur corps tout menus. Bref, nous nous promenons dans les allées, jusqu’à ce que je reconnaisse par dessus la musique traditionnelle du Donki, la mélodie d’un animé que je regardais quand j’étais petite (Magical Dorémi, un dessin animé de sorcière pour les enfants). Attirée par la musique au fond du magasin je me retrouve dans un espace dédié au sexe et à la pornographie en général sans comprendre ce qui m’arrive : nous voilà au milieu d’une multitude d’accessoires, de dvd, de vêtements (avec lesquels nous ne sommes pas plus couverts qu’avant, entendons nous bien), des choses qui vibrent, qui font de la lumière… Il y en pour tous les goûts (sans jeux de mots) que vous soyez plutôt joli petit kiki, à paillette qui s’illumine en rose où à l’inverse objet d’une taille imposante qui porte le nom de « DESTRUCTOR » ou « desutructoru » en prononçant à la japonaise, vous trouverez votre bonheur. Et sur les emballages, ce sont à moitié des actrices et à moitié des personnages de manga qui mettent en valeur le produit. Pour les personnages dessinés, elles ne nous paraissent pas toujours être des adultes (du tout) mais ici ce n’est pas comme ça que ça marche. En gros, ça ne compte pas vu que c’est juste un personnage et pas une vraie personne.

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Alors oui, on commence à comprendre, ici la masturbation est un sport national et il arrive de rentrer dans dès librairies érotiques de 7 étages en toute innocence pensant être dans une libraire tout ce qu’il y’a de plus traditionnelle (cf, Emma, septembre 2016 qui, voyageant toute seule, utilisait fréquemment la technique de « ces deux jeunes filles qui doivent avoir mon âge rentrent dans ce magasin d’un pas décidé, je vais les suivre voir ce qu’il y a ».Oups). Mais quand même, nous sommes dans un grand magasin, avec des enfants partout mais surtout, qu’est ce que cette musique fait là spécifiquement ? Ce qu’il y a de sur c’est que je ne pourrais plus jamais regarder ce dessin animé sans y penser.

 

Il nous reste encore beaucoup de Don Quijote à visiter vu que nous n’en avons fait que 3, nous avons donc encore beaucoup de bizarrerie à découvrir .

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