Le travail à Tokyo

Nous n’avions pas prévu de rester sur Tokyo plus d’un mois mais nous avons beaucoup aimé la ville, nous étions bien dans notre auberge (avant) et on a eu un plan pour des cours de japonais pendant quelques mois. Tout ça nous a donné envie de rester. Et qui dit vivre dans une grande capitale dit boulot. Ou loto. Ou être Crésus mais pour nous ça a été boulot. Alors nous avons postulé et dès notre 2ème semaine nous avions quelques entretiens.

Pour ma part, j’ai eu beaucoup de chance 10 jours après notre arrivée, j’ai répondu à une annonce d’un café à pancakes qui m’a répondu dans la journée. Deux jours plus tard je suis allée à l’entretien et encore deux jours après je commençais le boulot. Je suis vraiment chanceuse car je suis tombée sur un café qui recrute des étrangers ET des japonais car il se veut international et essaie de mettre en contact tout le monde. Parfois il organise même des soirées de working holiday (comme l’intitulé de notre visa) pour que des japonais qui veulent aller à l’étranger puisse rencontrer et se faire des contacts avec des gens qui y sont déjà allés ou qui en sont originaires.

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Entrainement pour faire de jolie assiete (celle de Ko-chan)

Dans la cuisine, ça parle un peu toutes les langues : japonais, allemand, même français puisque que nous sommes deux françaises! (et je dois dire c’est vraiment du luxe d’avoir pu me faire une copine française, merci Mélodie). Du coup, ça va parfois un peu vite pour mon petit cerveau et je me retrouve à parler en anglais avec Mélodie, en japonais avec les allemands, et en français aux japonais. Houlàlà! ça fait aujourd’hui juste un mois que j’ai commencé au café, et je dois dire que je me plais à faire des pancakes. Attention ce n’est pas facile tous les jours, surtout qu’au Japon le monde du travail est assez différent des pays occidentaux c’est assez physique, et les quiproquo d’horaires arrivent souvent (barrière de la langue oblige). Je suis encore *la nouvelle* la petite dernière arrivée, donc je me plie à la volonté de mes ‘sempai’, les anciens du buisness. J’ai mis une vingtaine de jour à avoir le droit de servir un pancake fait par mes soins. Le reste du temps j’en ai fait à tout le personnel en tant qu’entrainement.

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Celle de Emma

Sinon j’ai coupé les bananes, j’ai appris à monter les blancs en neige. Oui j’ai eu droit à plusieurs cours pour ça. D’ailleurs vous saviez vous que pour être sur que nos blancs en neige sont ok il faut retourner le plat et que ça tienne ? Oui je sais moi aussi, ma mamie me l’a appris quand j’avais 8 ans et demi mais bon il faut re apprendre à être modeste, et accepter tous les conseils qu’on nous donne. Je me rappelle toujours à l’entretien avoir dit que j’aimais la cuisine, que je savais faire des crêpes car j’étais française et que même si mon niveau de japonais ne me permettait pas d’être serveuse, je pourrais être utile en cuisine. Je me souviens très clairement le manager m’avoir « Yes I think you can cut the banana ». Et puis il s’est avéré que oui, I can cut the banana. Et maintenant à chaque fois que je coupe une banane (des dizaines par jours il y’en a dans 3/5 pancakes) je me dis « I can cut the banana ». Greatness from small bananas. SPB.

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Voilà où la magie de la banane opère.

Jérémie a eu plusieurs entretiens, et a fait les frais de notre honnêteté. (Nous avons joué la carte de la franchise plusieurs fois et vraiment on va arrêter). Rien que pour des « petits » boulots comme serveur les japonais demandent un engagement long et un fort investissement personnel. Par exemple, Jérémie a eu un entretien pour être professeur d’anglais dans une école de langue, très joli sur le papier mais qui ne faisait que des contrats de 1an… mais pour seulement 12h de travail par semaine. Vous êtes bien gentils les amis, mais on ne peut pas s’engager pour un an dans une ville comme Tokyo pour 12 heures par semaine ? En fait comment je suis censée faire ? Ben comme tout le monde, en cumulant 2 ou 3 boulots. Et comme le salaire est versé avec un mois de décalage, on est presque sur que si on rompt le contrat une close que nous n’avons pas comprise va surement nous entourlouper bien comme il faut. Oui, le salaire est versé différemment ici : Tout ce que je travaille en Avril me sera payé… le 25 mai. Le mois de Mai : le 25 juin. Donc si je dis le 3 juin que je démissionne il y’a de forte chance pour que mon mois de Mai que j’ai pourtant travaillé normalement, ben je l’ai dans l’os.

Or nous avions pris le parti de dire « je reste pour 2-3 mois » mauvaise idée. Le Japon plus j’y pense est un pays du Working Holiday visa ‘statique’ : on a un permis pour travailler pendant un an au Japon, ça veut dire on s’engage pour rester dans une entreprise pour au moins 6 mois. C’est l’expérience d’avoir un travail japonais qui est merveilleuse. Je pense qu’ils sont assez fières de leur système et rien que pouvoir en faire parti devrait être suffisant pour nous. Dans d’autres pays comme l’australie et la nouvelle zélande le WHV signifie souvent « roadtrip », « travail en ferme », « aventure ». Les gens dans ces pays là savent très bien que nous sommes là pour découvrir et expérimenter la culture du PAYS entier. Ils savent que ce que nous voulons c’est faire des sous pour voyager, rester un peu par ici, voir ce qu’il y a puis repartir essayer ailleurs et ça marche plutôt bien !

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je suis désolée je n’ai que des photos de pancakes.

Au Japon, être un membre de la société Japonaise et réussir à y travailler est un événement en soi qui devrait nous satisfaire. Le travail est très important. C’est leur principale activité, celle qui leur prend le plus de temps et d’investissement personnel. Et d’ailleurs beaucoup de gens en WHV sont très contents de s’intégrer dans le système ! Nous avons rencontré plusieurs personnes arrivées en WHV qui avaient prévu de voir le Japon, qui ont trouvé un boulot à Tokyo, puis de fil en aiguilles, un appart sympa, des amis, des contacts et une vie chouette dans une des plus grandes villes du monde et boum sans s’en rendre compte nous voilà posés pour 3 ans.

Et c’est vrai que ça fait envie ! Un appart, un boulot, Tokyo… ça fait rêver. A nous de savoir si on veut saisir les opportunités que nous avons en face de nous, on si nous préférons nous en tenir au plan de départ.

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encore une jolie assiette par Emma car c’est joli et le chocolat ça fait toujours plaisir.

 

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