Aujourd’hui je rentre en France …

(Démonstration par la théorie du jambon-beurre.)

 

Voilà la phrase qui s’impose dans ma tête dès que j’ai un petit coup de blues ou que quelque chose inattendue et déplaisant pointe le bout de son nez. (Non non aujourd’hui on ne rentre pas en France pour de vrai hein).

Voyager c’est super, on ne va pas se mentir ! Mais ça arrive qu’il y ait des hauts et des bas. Sur les réseaux sociaux nous publions de jolies photos, des paysages magnifiques, des bonnes choses à manger… IMG_20180426_125407Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Bien sur depuis que nous sommes partis au mois de janvier il y’a eu au moins 5 ou 6 fois ou j’ai fais ma petite crise du « je rentre en France TOUT DE SUITE ». Ce genre de situation peut partir de déboires plus ou moins importants mais souvent ça ne part de rien. La dernière fois en nettoyant la cuisine à l’auberge, je range les couverts et je me rends compte que j’ai tout placé dans le même ordre que dans le tiroir de ma maison en France. Fourchette, cuillère couteau. Sauf qu’ici déjà il n’y pas de couteau, il n’y a que des baguettes et l’ordre n’est pas le même. BAM *instant crying*. Le pauvre Jérémie n’a pas compris et a fait de son mieux mais derrière son « mais ma chérie » et un petit câlin, j’ai bien senti son regard désemparé disant « Mais que s’est il passé en 4 secondes dans ce tiroir????? »

Cela arrive surtout quand quelque chose d’inopportun se produit, un événement sur lequel je n’ai aucun contrôle mais qui va bouleverser mes habitudes. Il faut dire que mes habitudes sont déjà assez mises à l’épreuve de manière générale à vivre au Japon. D’un seul coup, j’ai un gros rejet de tout ce qui m’entoure et j’oublie complètement mon côté « aventurière ». Je veux des repères, un environnement que je maîtrise, et … immédiatement ! Je deviens en quelques minutes une femme au foyer de 45 ans qui n’a envie de se soucier que de qui va partir à Koh Lanta vendredi. J’exagère. Je ne regarde pas l’émission quand je suis en France, mais c’est rigolo de remarquer que dès que nous sommes privés de quelque chose, il nous la faut tout de suite.

Par exemple, le jambon beurre.

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devoir chercher une image de jambon beurre m’a fait beaucoup de mal.

Au moins une fois toutes les deux semaines je tanne Jérémie avec l’idée de « j’ai envie de manger un vrai jambon beurre à la française avec du ‘vrai bon’ pain ». Rien d’inhabituel vous me direz, ça fait 4 mois que nous sommes partis et que nous n’avons pas eu un vrai morceau de pain, ça se comprend. Mais en France, c’est quand la dernière fois que j’ai mangé un ‘vrai jambon beurre’ ? (non on ne compte pas les sandwich de vulcania, j’ai ajouté le « vrai » exprès pour que vous ne confondiez pas). Et bien, je ne sais plus. En y réfléchissant je ne crois pas en avoir mangé l’an passé. Or, avant j’étais en voyage en Australie je me souviens avoir pensé exactement la même chose.

Emma, 2016, à Brisbane: « Wahou si j’étais en France j’irai m’acheter une baguette tous les matins, on a vraiment de la chance d’avoir ce genre de produit à côté de chez nous. C’est quand même dommage de ne pas s’en rendre compte ».

Emma 2017 en France : « Wahou c’est trop cool il y’a du pain à proximité partout, je peux en avoir tous les jours si je veux. Oui c’est vrai, demain il en y aura aussi a la boulangerie. J’irai plutôt demain alors. »

Emma 2018 à Tokyo : « Wahou si j’étais en France j’irai m’acheter une baguette tous les matins, on a vraiment de la chance d’avoir ce genre de produit à un prix ‘raisonnable' ».

Ah oui, voilà le cœur du problème. Je peux en avoir tous les jours, alors je n’en ai pas besoin tout de suite.

Mais les sentiments sont exacerbés: le fait que nous soyons un peu tout seul dans cette situation sans nos copains et nos familles, ça accentue tout ce qui se passe.

Le quotidien est bouleversé ? Oh non il me faut mes habitudes, je vais mourir. Puisque c’est ça je rentre en France. Ca fait un mois que nous sommes posés et on commence à prendre nos marques ? Oh non, mais à quoi ça sert d’être au japon si c’est pour faire métro boulot dodo, je peux aussi bien le faire en France ça. Puisque c’est ça je rentre en France.  Mais elle n’est jamais contente vous allez me dire ? Et bien c’est pas faux. Je veux tout et tout de suite : un travail stable à Tokyo, des toilettes jap high tech, voyager dans tout le pays pour découvrir les paysages, les gens, la culture, mais aussi tout ce que j’aime bien de la France (mais pas le reste) : ma famille, mes copains, le fromage, le vin, les randonnées à 15 minutes de trajet en pleine campagne. Alors une seule solution : conquérir un pays, développer ma propre culture et forcer tous les gens que j’aime à y vivre. ça me parait raisonnable.

Mais aujourd’hui, finalement je ne rentre pas en France. Je respire un grand coup (souvent dans la rue, devant un bon restaurant de ramen) et d’un seul coup tout va mieux.

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